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Rentabilité locative brute vs nette : le vrai calcul que peu d'investisseurs font

Un investisseur annonce fièrement "7% de rendement". Mais une fois les charges, la vacance locative et l'impôt déduits, combien reste-t-il vraiment ? La rentabilité nette-nette est souvent 40% inférieure à la rentabilité brute. Voici comment calculer correctement.

9 min de lecture

Les trois niveaux de rentabilité

Rentabilité brute : la vitrine

C'est le calcul le plus simple et le plus affiché par les vendeurs de biens d'investissement :

Rentabilité brute = (Loyer annuel ÷ Prix d'achat total) × 100

Le "prix d'achat total" doit inclure les frais de notaire et les éventuels travaux. Beaucoup d'annonces oublient les frais de notaire, ce qui gonfle artificiellement le rendement affiché.

Rentabilité nette de charges : la réalité opérationnelle

On déduit toutes les charges non récupérables sur le locataire :

Rentabilité nette = ((Loyers annuels − Charges) ÷ Prix d'achat total) × 100

Rentabilité nette-nette : ce que vous gardez vraiment

On ajoute l'impôt foncier au calcul. C'est le seul indicateur vraiment comparable entre investisseurs, mais aussi le plus rarement calculé avant l'achat.

Exemple complet : T2 à 150 000 € loué 700 €/mois

Sophie achète un T2 à Clermont-Ferrand pour 150 000 € (frais de notaire inclus : 160 500 €). Elle le loue nu à 700 €/mois. Ses revenus fonciers annuels : 8 400 €.

Les charges annuelles à déduire

ChargeMontant estimé/anRemarque
Taxe foncière900 €À la charge du propriétaire
Charges de copropriété non récupérables600 €Gros travaux, entretien parties communes
Assurance PNO150 €Propriétaire non occupant, obligatoire en copro
Gestion locative (agence)756 €~9% des loyers (optionnel)
Vacance locative (~1 mois/an)700 €Provision prudente mais réaliste
Petits travaux / entretien400 €Provision annuelle
Total charges3 506 €42% des loyers bruts !

Loyers nets de charges = 8 400 − 3 506 = 4 894 €. Rentabilité nette de charges = (4 894 ÷ 160 500) × 100 = 3,05% — contre 5,23% brut en apparence.

L'impact de la fiscalité : micro-foncier vs régime réel

Les revenus fonciers sont imposés à la tranche marginale d'imposition du propriétaire + 17,2% de prélèvements sociaux. Deux régimes fiscaux s'opposent :

CritèreMicro-foncierRégime réel
ConditionsRevenus fonciers bruts < 15 000 €/anAu choix, ou obligatoire si > 15 000 €
Abattement/déductionAbattement forfaitaire 30%Charges réelles déductibles (+ intérêts d'emprunt)
Base imposable (Sophie)8 400 × 70% = 5 880 €8 400 − 3 506 = 4 894 €
Impôt (TMI 30% + PS 17,2%)5 880 × 47,2% = 2 775 €4 894 × 47,2% = 2 310 €
Revenu net après impôt2 119 €/an2 584 €/an

Pour Sophie, le régime réel est plus avantageuxcar ses charges réelles (41,7% des loyers) dépassent l'abattement forfaitaire de 30% du micro-foncier. Mais ce n'est pas toujours le cas : si vos charges sont faibles (pas d'agence, pas de gros travaux), le micro-foncier peut être préférable.

Le cas LMNP

Pour la location meublée, le régime LMNP (micro-BIC ou réel) est distinct et souvent plus favorable. Le régime réel LMNP permet d'amortir le bien et les travaux, ce qui peut rendre le revenu locatif quasiment non imposable pendant 10-15 ans.

Rentabilité nette-nette de Sophie : le bilan final

Avec le régime réel, Sophie génère 2 584 €/an nets après impôt sur un investissement de 160 500 €. Sa rentabilité nette-nette est de 1,61% — contre 5,23% brut.

Ce résultat peut sembler décevant, mais il ne prend pas en compte la valorisation du bien, l'effet de levier du crédit, et l'enrichissement patrimonial. C'est pourquoi l'investissement locatif ne se juge pas sur le seul rendement locatif.