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Rupture conventionnelle 2026 : comment calculer son indemnité et négocier intelligemment

La rupture conventionnelle est aujourd'hui le mode de séparation le plus utilisé en France : plus de 500 000 conventions signées en 2025. Mais beaucoup de salariés négocient sans connaître le plancher légal, les règles de chômage ou les marges de manœuvre réelles. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de signer.

8 min de lecture

La formule légale de calcul de l'indemnité

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, fixée par l'article R1234-2 du Code du travail. La formule est la suivante :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années
  • 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté au-delà de 10 ans

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre : la moyenne des 12 derniers mois ou la moyenne des 3 derniers mois (en annualisant les primes versées sur 12 mois). En clair : si vous avez reçu une prime exceptionnelle sur l'un de ces 3 mois, elle entre dans le calcul au prorata.

Exemple chiffré

Caroline, 8 ans d'ancienneté, salaire mensuel brut moyen sur 12 mois : 3 200 €.

  • Plancher légal : 3 200 × (1/4) × 8 = 6 400 € brut

Si son employeur lui propose 5 000 €, c'est illégal. Elle peut refuser et signaler à la DREETS (ancienne DIRECCTE) lors de l'homologation par la DDETS.

Fiscalité de l'indemnité : bonne nouvelle pour 2026

L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenudans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité Sociale (soit 2 × 46 368 € = 92 736 € en 2026). En dessous de ce plafond, pas un centime d'impôt.

En revanche, elle supporte une contribution patronale forfaitaire de 30 %(CSA — contribution spécifique de l'employeur), versée directement à l'URSSAF. Ce n'est pas votre charge : c'est payé par l'employeur en plus de l'indemnité.

Tableau : rupture conventionnelle vs licenciement

CritèreRupture conventionnelleLicenciement économique
Indemnité minimum= indemnité légale licenciement= indemnité légale licenciement
Droits au chômage (ARE)OuiOui
Délai de carence ARE7 jours + délai spécifique7 jours uniquement
PréavisAucun (date négociée)Obligatoire (sauf dispense payée)
Homologation requiseOui (DDETS, 15 jours ouvrables)Non (procédure différente)
Exonération impôtOui (jusqu'à 2 PASS = 92 736 €)Oui (montants variables)

Le délai de carence ARE : comment il est calculé

Après une rupture conventionnelle, France Travail applique un délai avant le versement des allocations chômage. Il se compose de :

  • 7 jours de carence incompressibles (valable pour toutes les ruptures)
  • Un délai de franchise lié aux indemnités supra-légales : si vous avez négocié plus que le plancher légal, la partie excédentaire est divisée par le salaire journalier de référence pour obtenir des jours supplémentaires de carence (plafonné à 150 jours)
  • Le différé d'indemnisation lié aux congés payés non pris (si applicable)

Concrètement : si vous négociez une indemnité supra-légale de 5 000 € et que votre salaire journalier de référence est 100 €, vous aurez 50 jours supplémentaires de carence. Dans ce cas, toucher plus à la signature coûte du temps sans chômage.

Comment négocier intelligemment

Ce qu'on oublie souvent : l'employeur a tout autant intérêt que vous à signer une rupture conventionnelle. Elle lui évite le risque d'un contentieux prud'homal et la procédure contraignante du licenciement. Voici les leviers à actionner :

  • Vérifiez d'abord le plancher légal — ne signez rien avant d'avoir calculé votre minimum.
  • Négociez la date de sortie plutôt qu'uniquement le montant : partir en fin de mois ou après une prime permet de maximiser le solde de tout compte.
  • Demandez la prise en charge des congés payés non pris : ils doivent être payés de toute façon, mais les faire apparaître dans le solde de tout compte (non dans l'indemnité) réduit le délai de carence ARE.
  • Évaluez l'impact fiscal : si vous négociez 15 000 € d'indemnité supra-légale, c'est exonéré d'IR mais ça génère 50 jours de carence supplémentaires. Pesez les deux.
  • Délai de rétractation : 15 jours calendaires après la signature pour changer d'avis, côté salarié comme côté employeur (article L1237-19-1).