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Charges micro-entrepreneur 2026 : taux, plafonds et simulation

Le régime micro-entrepreneur est souvent présenté comme simple — et il l'est, comparé à d'autres. Mais les taux de cotisations varient selon l'activité, et quelques pièges existent. Voici ce qu'il faut connaître pour 2026.

6 min de lecture

Le principe : on paye sur ce qu'on encaisse

C'est la grande force du régime micro : pas de chiffre d'affaires, pas de charges. Les cotisations sont calculées en appliquant un taux fixe directement sur votre CA encaissé, sans déduction de frais. Simple, mais cela signifie aussi que vous cotisez même si votre activité n'est pas rentable.

Ce mode de calcul s'appelle le prélèvement forfaitaire libératoire pour les cotisations sociales — et il existe une version équivalente pour l'impôt sur le revenu (le versement libératoire d'impôt, optionnel).

Les taux de cotisations sociales en 2026

Type d'activitéTaux cotisations socialesPlafond CA annuel
Vente de marchandises (BIC)12,3 %188 700 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)21,2 %77 700 €
Activités libérales (BNC — CIPAV)21,1 %77 700 €
Activités libérales (BNC — Sécurité sociale des indépendants)23,1 %77 700 €

Ces taux couvrent l'assurance maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire, les allocations familiales et la CSG-CRDS. Tout inclus — c'est le seul prélèvement social que vous aurez à gérer.

Exemples chiffrés

Exemple 1 — Consultant en informatique (BIC services), 4 000 €/mois de CA

  • CA annuel : 48 000 €
  • Cotisations : 48 000 × 21,2 % = 10 176 €/an (848 €/mois)
  • Revenu restant avant impôt sur le revenu : 48 000 − 10 176 = 37 824 €/an

Exemple 2 — Revendeur en ligne (BIC vente), 8 000 €/mois de CA

  • CA annuel : 96 000 €
  • Cotisations : 96 000 × 12,3 % = 11 808 €/an (984 €/mois)
  • Revenu restant avant IR : 96 000 − 11 808 = 84 192 €/an
    (Attention : dans la vente, le « revenu » affiché ne tient pas compte de vos achats de marchandises — le régime micro ne permet pas de déduire les charges réelles)

Quand le régime micro devient défavorable

Si vos charges professionnelles réelles dépassent l'abattement forfaitaire fiscal (71 % pour la vente, 50 % pour les services), le régime réel devient plus avantageux. À partir d'un certain niveau de CA, quitter la micro-entreprise pour une EURL ou SASU peut faire sens — à étudier avec un comptable.

La franchise en base de TVA

En micro-entreprise, vous êtes dispensé de facturer la TVA — et donc de la reverser — tant que vous ne dépassez pas certains seuils. En 2026 :

  • 37 500 € de CA pour les prestations de services et activités libérales
  • 85 000 €de CA pour la vente de marchandises et l'hébergement

Au-delà, vous devez facturer la TVA à vos clients. Si vos clients sont des professionnels assujettis, c'est neutre pour eux. Si ce sont des particuliers, votre prix TTC augmente mécaniquement — ce qui peut vous rendre moins compétitif.

Le versement libératoire d'impôt (option)

En plus des cotisations sociales, vous pouvez opter pour le versement libératoire d'impôt: vous payez l'IR en même temps que vos cotisations, à un taux fixe sur votre CA.

ActivitéTaux IR libératoire
Vente de marchandises1 %
Prestations de services BIC1,7 %
Activités libérales BNC2,2 %

Cette option n'est intéressante que si votre revenu fiscal de référence est modéré (conditions de revenus à respecter). Si vous êtes en tranche à 30 % ou plus, elle est souvent défavorable par rapport au barème progressif standard.

Déclaration et paiement des charges

Les cotisations se déclarent sur autoentrepreneur.urssaf.fr, tous les mois ou tous les trimestres selon votre choix à la création. Même si vous n'avez encaissé aucun chiffre d'affaires, vous devez déclarer — en mettant zéro. Oublier de déclarer, même à zéro, peut entraîner une pénalité forfaitaire.