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IMC vs IMG : quelle mesure est réellement plus fiable pour évaluer son poids santé ?

Deux personnes peuvent afficher exactement le même IMC et avoir des compositions corporelles radicalement différentes. L'une peut être en excellente santé, l'autre en surpoids de graisse. Voici ce que chaque indice mesure vraiment — et lequel choisir selon votre profil.

6 min de lecture

L'IMC : une formule rapide, mais pas universelle

L'Indice de Masse Corporelle se calcule en divisant le poids (en kg) par le carré de la taille (en mètres) : IMC = poids / taille². C'est la mesure la plus connue, utilisée partout des cabinets médicaux aux formulaires d'assurance.

Son avantage ? Il est simple, rapide, et ne nécessite aucun équipement. Mais il a un défaut majeur : il ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire. Un kilo de muscle et un kilo de graisse pèsent pareil sur la balance — et donc dans la formule.

Les seuils OMS de l'IMC

IMCCatégorie OMS
Moins de 18,5Insuffisance pondérale
18,5 – 24,9Poids normal
25,0 – 29,9Surpoids
30,0 – 34,9Obésité modérée (classe I)
35,0 – 39,9Obésité sévère (classe II)
40 et plusObésité morbide (classe III)

L'IMG : quand on veut vraiment savoir ce que contient le corps

L'Indice de Masse Grasse exprime le pourcentage de graisse dans le corps total. La formule la plus répandue est celle de Deurenberg (1991) :

IMG = (1,20 × IMC) + (0,23 × âge) − (10,8 × sexe) − 5,4
(où sexe = 1 pour les hommes, 0 pour les femmes)

C'est plus complexe, mais ça prend en compte ce que l'IMC ignore : l'âge (on stocke plus de graisse en vieillissant, même à poids égal) et le sexe (les femmes ont naturellement plus de masse grasse que les hommes).

Interprétation de l'IMG selon l'âge et le sexe

ÂgeIMG normal – FemmeIMG normal – Homme
20–39 ans21 – 32 %8 – 19 %
40–59 ans23 – 33 %11 – 21 %
60 ans et plus24 – 35 %13 – 24 %

L'exemple qui illustre tout : Karim et Thomas

Karim et Thomas ont tous les deux 35 ans, mesurent 1,78 m et pèsent 85 kg. Leur IMC est identique : 26,8 — ce qui les classe tous les deux en "surpoids" selon l'OMS.

Mais Karim fait de la musculation 4 fois par semaine depuis 5 ans. Son IMG est de 14 %, bien dans la norme masculine. Thomas, lui, est sédentaire depuis plusieurs années. Son IMG atteint 29 %, ce qui correspond à de l'obésité par la masse grasse.

Même IMC, situations radicalement différentes. L'IMC a mis Karim en "surpoids" à tort. C'est le cas typique du sportif musclé pénalisé par une formule qui ne distingue pas les tissus.

Le cas des seniors : l'IMC sous-estime le problème

Chez les personnes de plus de 60 ans, c'est souvent l'inverse : l'IMC peut paraître normal alors que la masse musculaire a fondu (c'est ce qu'on appelle la sarcopénie) et a été remplacée par de la graisse. Un IMC à 23 peut cacher un IMG de 33 % chez une femme de 68 ans — ce que seul l'IMG révèle.

Alors, lequel utiliser ?

L'IMC reste utile pour une première orientation rapide, dans le cadre d'un suivi de population générale. Mais si vous êtes sportif, senior, ou si votre bilan IMC vous semble incohérent avec votre ressenti, l'IMG apporte une couche de précision essentielle.

Dans tous les cas, ces indices sont des outils d'orientation, pas des diagnostics. Seul un professionnel de santé peut interpréter ces chiffres dans leur contexte global.