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Taux d'endettement : comment le calculer et que faire quand on dépasse les 35 % ?

La règle des 35 % est la première chose que votre banquier regarde quand vous déposez un dossier de prêt immobilier. Comprendre exactement comment elle est calculée — et surtout comment agir quand on la dépasse — peut changer le résultat de votre demande.

6 min de lecture

La définition exacte du taux d'endettement

Le taux d'endettement se calcule ainsi :

Taux d'endettement = (Charges fixes mensuelles ÷ Revenus nets mensuels avant impôts) × 100

Notez bien : revenus nets avant impôts — et non pas le salaire net perçu après prélèvement à la source. Cette précision change le calcul en votre faveur : si vous gagnez 3 200 € net perçu et que le PAS prélève 320 €, la banque retiendra 3 520 € de revenus.

Ce qui entre dans les charges — et ce qui n'y entre pas

Ce qui est compté comme charges :

  • Mensualités de crédit immobilier (le nouveau + les existants)
  • Mensualités de crédit à la consommation (auto, travaux, perso)
  • Mensualités de crédit revolving utilisé
  • Loyer garanti en cas de caution sur un bail (si vous vous portez garant pour un tiers)
  • Pension alimentaire versée (fixée par jugement)

Ce qui n'entre PAS dans les charges :

  • Abonnements téléphoniques, internet, streaming
  • Loyer de votre résidence principale actuelle (si vous achetez pour y habiter)
  • Charges de copropriété courantes
  • Impôts et taxes (taxe foncière, etc.)
  • Dépenses alimentaires, transports, loisirs

Cette distinction est importante : beaucoup de candidats à l'emprunt surestiment leur taux d'endettement en y incluant des dépenses qui n'y ont pas leur place.

Exemples de profils avec calcul du taux

ProfilRevenus nets av. impôtsCharges actuellesMensualité max 35 %Taux endettement actuel
Célibataire CDI2 800 €250 € (auto)730 €8,9 %
Couple double salaire5 500 €400 € (conso)1 525 €7,3 %
Investisseur locatif4 200 €900 € (immo existant)570 €21,4 %
Profil tendu (multi-crédits)3 500 €1 050 € (auto + conso)175 €30 %

Les 15 % de flexibilité HCSF : qui en bénéficie ?

Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) autorise les banques à dépasser le seuil des 35 % pour 20 % de leur production trimestrielle de crédits immobiliers. Dans ces cas, le taux peut monter jusqu'à 37 à 40 % selon les établissements.

Cette flexibilité est prioritairement accordée aux :

  • Primo-accédants qui achètent leur résidence principale
  • Profils avec un reste à vivre élevé malgré le taux d'endettement
  • Dossiers présentant un apport personnel significatif (20 % ou plus)

Il ne s'agit pas d'un droit, mais d'une dérogation discrétionnaire. Pour en bénéficier, votre dossier doit être solide sur les autres critères.

Comment réduire son taux d'endettement concrètement ?

Option 1 : Racheter ses crédits à la consommation

Un rachat de crédit (regroupement) permet de fondre plusieurs mensualités en une seule, plus faible. Si vous avez un crédit auto à 350 €/mois et un crédit travaux à 180 €/mois, un rachat pourrait ramener l'ensemble à 280 €/mois — libérant 250 € de capacité de remboursement. Attention: vous allongez la durée et le coût total augmente. C'est un outil tactique pour un achat immobilier, pas une solution d'optimisation long terme.

Option 2 : Augmenter son apport personnel

Un apport plus important réduit le capital emprunté, donc la mensualité du futur crédit. Passer de 10 % à 20 % d'apport sur un achat de 300 000 € (soit 30 000 € supplémentaires) réduit la mensualité d'environ 160 € sur 20 ans à taux constant — ce qui peut faire basculer un dossier de 36,5 % à 34,8 %.

Option 3 : Allonger la durée du prêt (avec précautions)

Passer de 20 à 25 ans réduit mécaniquement la mensualité. Sur 200 000 € à 3,5 %, la mensualité passe de 1 160 € (20 ans) à 1 001 € (25 ans) — soit 159 € de moins. Mais le coût total des intérêts augmente de 14 000 €. C'est un levier à utiliser avec discernement.

Option 4 : Intégrer les revenus locatifs au calcul

Pour un investissement locatif, les banques prennent en compte les loyers futurs — généralement à hauteur de 70 % du loyer brut(les 30 % couvrent vacance locative et charges). Un loyer de 800 €/mois ajoute 560 € de revenus dans le calcul. Cette prise en compte peut significativement améliorer le ratio d'endettement apparent.

Le reste à vivre : l'indicateur que la banque regarde aussi

Au-delà du taux d'endettement brut, la banque calcule le reste à vivre: ce qu'il vous reste après toutes les charges fixes. Un taux d'endettement de 33 % sur un revenu de 2 200 € (reste à vivre : 1 474 €) est perçu comme bien plus risqué que le même taux sur un revenu de 8 000 € (reste à vivre : 5 360 €). Pour une famille avec enfants, les banques exigent généralement un reste à vivre d'au moins 1 200 à 1 500 € par mois.