Indemnités de licenciement 2026 : comment calculer ce à quoi vous avez droit
Un licenciement, ça ne s'anticipe pas toujours. Mais comprendre comment se calcule l'indemnité légale peut vous aider à vérifier que vous recevez bien ce qui vous est dû — et à comparer avec ce que proposerait une rupture conventionnelle.
Les conditions pour avoir droit à l'indemnité
Pour percevoir l'indemnité légale de licenciement, il faut avoir au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompuedans l'entreprise (réforme de 2017). En dessous, aucune indemnité n'est due — sauf dispositions plus favorables prévues par votre convention collective.
L'indemnité n'est pas due en cas de licenciement pour faute grave ou lourde. Pour tout autre motif (économique, personnel non fautif), elle est obligatoire.
La formule de calcul
Depuis 2017, le barème légal est le suivant :
Pour les 10 premières années : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté
Au-delà de 10 ans : 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté supplémentaire
Les mois ou années incomplètes sont pris en compte au prorata. Une ancienneté de 7 ans et 4 mois compte pour 7 + (4/12) = 7,33 ans.
Le salaire de référence : quelle base utiliser ?
C'est souvent là que les choses se compliquent. L'employeur doit retenir le calcul le plus favorable entre deux méthodes :
- Méthode 1 : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut (primes et avantages en nature inclus)
- Méthode 2 : le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles)
L'employeur doit calculer les deux et retenir le montant le plus élevé. En pratique, si vous avez des primes importantes concentrées sur l'année, la méthode des 12 mois est souvent plus favorable. Si votre salaire a augmenté récemment, la méthode des 3 mois peut l'être davantage.
Exemple complet
Sophie, licenciée après 12 ans et 6 mois d'ancienneté.
Salaire de référence retenu : 3 200 €/mois
— 10 premières années : 10 × (3 200 / 4) = 10 × 800 = 8 000 €
— 2,5 années au-delà de 10 ans : 2,5 × (3 200 / 3) = 2,5 × 1 066,67 = 2 666,67 €
Indemnité totale : 8 000 + 2 666,67 = 10 666,67 €
La convention collective peut être plus favorable
L'indemnité légale est un plancher, pas un plafond. Votre convention collective peut prévoir des montants supérieurs — c'est fréquent dans des secteurs comme la banque, les assurances, ou l'industrie. Si vous n'êtes pas sûr de ce que prévoit votre convention, consultez le site legifrance.gouv.frou demandez à votre employeur de vous la communiquer (c'est une obligation).
Rupture conventionnelle : même calcul, mais négociable
La rupture conventionnelle (RC) est souvent présentée comme une alternative douce au licenciement. Côté indemnité, le minimum légal est identique à celui du licenciement— 1/4 de mois par an jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà.
Mais contrairement au licenciement, l'indemnité de rupture conventionnelle est librement négociable au-dessus du minimum légal. Si votre employeur est demandeur, vous pouvez obtenir davantage — c'est toute la différence.
| Critère | Licenciement | Rupture conventionnelle |
|---|---|---|
| Indemnité minimum | Légale (barème) | Identique |
| Négociation possible | Non | Oui |
| Droit au chômage | Oui | Oui |
| Fiscalité de l'indemnité | Exonérée (dans limites légales) | Exonérée (dans limites légales) |
| Préavis | Obligatoire | Non (date libre) |
L'indemnité est-elle imposable ?
L'indemnité légale (ou conventionnelle si inférieure à certains plafonds) est exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales, dans la limite du plus élevé entre :
- 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédant le licenciement
- 50 % de l'indemnité totale perçue
- 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (soit environ 270 000 € en 2026)
En pratique, pour la grande majorité des salariés, l'indemnité est entièrement exonérée.
Attention aux délais
Vous avez 12 moisà compter de la date de notification du licenciement pour contester le montant de votre indemnité devant le Conseil de prud'hommes si vous estimez qu'il est incorrect. Ne laissez pas passer ce délai.